17 mars 2007
La calotte gelée du pôle sud de Mars révèle ses secrets
i la glace accumulée au pôle Sud de Mars fondait, la planète serait recouverte d'une nappe d'eau de 11 mètres de profondeur. Un tel dégel est évidemment inenvisageable dans les conditions actuelles de froid (- 65 oC) et de faible pression qui règnent à sa surface et y empêchent toute stabilisation de l'eau à l'état liquide. Mais ce calcul de l'équipe internationale du radar Marsis, embarqué sur la sonde de l'Agence spatiale européenne Mars Express, illustre l'ampleur des réservoirs que constituent les calottes polaires.
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Ces épaisseurs n'ont que très peu dégradé le signal radar qui les a traversées : les chercheurs en déduisent que la glace doit être composée à 90 % d'eau presque pure. Autre instrument de Mars Express, le spectromètre Omega avait déjà démontré que la glace carbonique ne constitue qu'une très faible part de l'ensemble.
Le volume de la calotte Sud, estimé à 1,6 million de km3, semble toutefois mince si on le compare aux centaines de mètres de liquide qui ont pu baigner la planète dans son enfance. Où est passée toute cette eau ? Conçu pour la débusquer dans des nappes souterraines, Marsis n'a encore rien trouvé.
08 décembre 2006
Rencontrez Pontas, le dugong
| Le dugong nage paisiblement dans les eaux tropicales... Jusqu’au jour où un plongeur passionné vient à sa rencontre. |
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Plongée dans l'Océan
Le dugong, animal marin de l'ordre des siréniens, est aujourd’hui en voie de disparition. Moins de 40 000 individus se partagent les eaux tropicales de l'océan Indien et de l'océan Pacifique. Le dugong nage gracieusement et paisiblement… jusqu’au jour où un plongeur passionné vient à sa rencontre. Une incroyable amitié se noue alors entre Pontas, le dugong débonnaire, et Bertrand, grand admirateur de cette vache marine. Ce film relate cette fabuleuse expédition, qui doit mener une équipe de plongeurs à la rencontre des derniers dugongs.
06 décembre 2006
Un temple de plus de 4 800 ans a été découvert au Pérou
e loin, la butte de terre n'attire pas vraiment l'attention. Un trou de 7 mètres de profondeur a pourtant révélé, dans ses entrailles, un monument vieux de plus de 4 800 ans. "C'était un temple, assure Walter Tosso, l'archéologue péruvien auquel on doit en grande partie la découverte. Un édifice à plusieurs étages, de première qualité."
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Très profond, le trou ayant permis de découvrir le monument aurait été creusé par des pillards, nombreux dans la vallée. "Ils cherchaient sans doute une tombe de la culture chancay (1000-1 500 après J.-C.) riche en céramiques et textiles, qui se vendent très cher sur le marché clandestin, avance Walter Tosso. Cependant, au lieu d'artisanat et d'ossements, ils ont trouvé un long mur, qu'ils ont suivi sur plusieurs mètres de profondeur, avant d'abandonner les fouilles illégales, voyant qu'ils ne trouvaient rien de plus."
"RÉNOVATION DU TEMPS"
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Face au manque d'intérêt des autorités, Walter Tosso est pourtant près d'abandonner son entreprise de protection du site. Mais en 2005, la municipalité de Huaral, au nord de la capitale, finit par accepter le projet du scientifique, qui s'empresse d'effectuer quelques datations. Les résultats sont éloquents : certaines parties de l'édifice dateraient de 2 800 à 2 500 ans av. J.-C.
"Nous avons été surpris, car certaines parties du mur sont de l'époque de Caral", sourit Walter Tosso, faisant référence au fameux site du Nord péruvien connu comme ayant abrité la civilisation la plus ancienne du continent américain (3 000 à 2 800 ans avant J.-C.).
Le temple aurait été construit sur une période d'au moins cinq cents ans. "Ce concept de "rénovation du temps" existait dans de nombreuses cultures, explique l'archéologue. Il s'agissait de recouvrir un temple de pierres et de terre apportées grâce aux chicras, afin d'en construire un nouveau à la même place."
Selon l'archéologue péruvienne Ruth Shady, responsable du projet archéologique spécial Caral, le temple de Las Chicras serait "identique en style et en technologie architectonique à d'autres monuments construits à Caral".
ZONE D'INFLUENCE
La chercheuse estime que l'existence d'une relation entre ce monument et la société de Caral, installée dans la vallée de Supe, ne fait aucun doute. Pour elle, la découverte de Las Chicras confirmerait sa thèse, selon laquelle la vallée de Supe était au centre de la civilisation de Caral, dont la zone d'influence s'étendait sur 400 kilomètres du nord au sud et 300 kilomètres d'est en ouest. Walter Tosso n'exclut pas, quant à lui, la possibilité que les étages les plus bas du temple soient antérieurs à l'époque de Caral.
"L'important n'est pas de savoir ce qui est le plus vieux, mais de découvrir quel rôle avait ce site et de déterminer le niveau d'organisation sociale de cette époque", insiste l'archéologue qui, prudent, préfère attendre le résultat des investigations, dont la deuxième phase doit commencer en janvier 2007. "Le temple de Las Chicras et le site de Caral sont de la même époque, conclut-il. C'est la seule certitude que l'on a pour l'instant."
27 novembre 2006
L'impact des courants marins
ous les manuels scolaires le proclament : la douceur du climat européen est due au Gulf Stream. Sans lui, comment expliquer que le Royaume-Uni bénéficie d'hivers plus cléments que le Labrador canadien, situé à la même latitude ? En janvier et en février, l'écart des températures entre les deux rives de l'Atlantique peut en effet excéder 15 °C.
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C'est en 1855 que le rôle climatique de ce courant chaud a été décrit par un scientifique de la marine américaine, Matthew Fontaine Maury. Mais ce n'est que plus tard que la vraie nature et la trajectoire de ce courant de surface ont été précisées. Il prend naissance dans les eaux du golfe du Mexique, puis remonte le long des côtes nord-américaines avant de se séparer en deux branches.
La première, la "dérive nord-Atlantique", monte vers le nord-est et charrie des eaux qui, après un voyage de plusieurs milliers de kilomètres durant lequel elles se refroidissent progressivement, plongent entre la Norvège et le Groenland, contribuant ainsi à des échanges de chaleur avec l'atmosphère. La seconde, la "gyre subtropicale", tourne dans le sens des aiguilles d'une montre et pique vers les côtes de l'Afrique de l'Ouest
Stricto sensu, c'est la dérive nord-Atlantique, et non le Gulf Stream, qui tempère l'Europe occidentale. Mais, avec le réchauffement climatique, les glaciers fondent et de l'eau douce s'accumule dans l'océan. A cela s'ajoute un régime de précipitations renforcé dans l'hémisphère Nord. Résultat : les eaux de surface de l'Atlantique nord sont moins salées. Moins lourdes, elles "plongent" donc moins facilement entravant ainsi les transferts de chaleur vers l'atmosphère.
Pour certains océanographes, en particulier Richard Seager (université Columbia), la douceur hivernale de l'Europe ne tient que marginalement aux apports de chaleur de l'océan. Les causes de cette situation seraient ailleurs. "M. Seager estime en effet, sur la foi de calculs, que l'écart de température, en hiver, entre les deux rives de l'Atlantique aux latitudes de la France et du Royaume-Uni est essentiellement lié à deux phénomènes. D'une part, les vents d'ouest qui apportent un air maritime sur l'Europe, restituant la chaleur stockée par l'océan en été. De l'autre, les méandres de la circulation atmosphérique entravée par les reliefs américains, en particulier les Rocheuses", explique le climatologue Edouard Bard (Collège de France).
Réputés grands régulateurs climatiques, les courants marins ne seraient-ils que des illusionnistes ? Non, assure M. Bard, "car en cas d'un arrêt du transport de chaleur océanique, les modèles atmosphériques de Richard Seager suggèrent une baisse des températures d'environ 4 °C aux latitudes moyennes, de chaque côté de l'Atlantique". Toutefois, l'hiver serait toujours moins rigoureux à Paris qu'à Montréal.
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M. Bard ajoute que "les données paléoclimatiques démontrent de façon indubitable l'existence d'un couplage fort entre la température et l'intensité de la circulation de l'Atlantique. Avec des baisses de température moyennes de l'ordre de 5 °C en Atlantique, 10 °C en Europe et 15 °C au Groenland". Ces phénomènes, très rapides, sont apparus en quelques décennies seulement. Le dernier aurait eu lieu il y a environ 8 200 ans. L'analyse de sédiments marins suggère qu'il a été provoqué par un apport massif d'eau douce dans l'Atlantique nord, ce qui aurait interrompu, ou fortement ralenti, la circulation océanique.
Un tel refroidissement est-il à redouter d'ici à la fin de ce siècle ? Martin Visbeck, directeur du département d'océanographie physique de l'Institut Leibniz des sciences de la mer (Kiel, Allemagne), estime que "le ralentissement des courants de l'Atlantique nord, qui pourrait être de l'ordre de 30 % à la fin de ce siècle, ne supplantera pas le réchauffement en cours en Europe occidentale. Tout au plus, explique-t-il, pourrait-on assister à une légère avancée des glaces de mer tout au nord de l'Europe". On est très loin du scénario catastrophe du film Le Jour d'après, de Roland Emmerich, qui mettait en scène l'émergence brutale d'un âge glaciaire dans l'hémisphère Nord après l'arrêt du Gulf Stream.
Quoi qu'il en soit, le ralentissement des courants atlantiques pourrait aussi avoir des conséquences sur le niveau de la mer. "A New York, il est supérieur d'environ un mètre à celui mesuré sur les côtes européennes, explique M. Visbeck. Une réduction de 30 % des courants de l'Atlantique entraînerait, par rééquilibrage, une augmentation du niveau de la mer en Europe de 10 cm. Et ce, sans tenir compte de l'effet dû au réchauffement proprement dit."
Autre souci, la plongée des eaux de la dérive nord-Atlantique. Chaque année, elles "épongent" 1 milliard de tonnes environ de dioxyde de carbone atmosphérique. Ce CO2, dissous dans les eaux de surface, est précipité et durablement stocké au fond des océans. Mais un ralentissement des courants marins pourrait freiner ce phénomène et accroître ainsi la concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Avec pour conséquence une augmentation des températures, suivie d'une fonte des glaciers et de l'apport d'eaux douces dans l'océan. Situation qui à son tour, contribuerait à ralentir les courants, et ainsi de suite.
31 octobre 2006
La vie ne s'est développée sur Terre qu'après le refroidissement des océans
uelle physionomie la Terre avait-elle il y a 3,5 milliards d'années ? Peu de traces matérielles permettent de le savoir, et la question fait l'objet de vifs débats dans la communauté scientifique. Les analyses de roches siliceuses, menées depuis trois décennies, avaient incité certains à avancer l'hypothèse que les océans du précambrien étaient très chauds, mais leurs arguments restaient fragiles.
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Jusqu'à présent, l'analyse des rapports entre les différents isotopes de l'oxygène contenu dans ces roches - appelées "cherts" - laissait bien penser que les océans avaient dû être chauds. "Mais beaucoup de scientifiques étaient sceptiques, dans la mesure où les températures en question auraient pu refléter non celle des océans mais celle, locale, de fluides hydrothermaux, par exemple, explique Marc Chaussidon, chercheur (CNRS) au Centre de recherches pétrographiques et pétrochimiques et coauteur de ces travaux. Grâce à une sonde ionique, nous avons effectué le même type de travail pour le silicium contenu dans les mêmes échantillons."
Les rapports entre isotopes du silicium de la roche traduisent sa solubilité dans l'eau - donc la température de celle-ci au moment de la formation des roches. Les indications données par l'étude du silicium s'avèrent conformes à celles de l'oxygène.
"EFFET DE SERRE TRÈS PUISSANT"
Pour Edouard Bard, titulaire de la chaire Evolution du climat et des océans, du Collège de France, "ces nouveaux travaux vont plutôt à l'encontre - mais sans les remettre complètement en cause - des théories dites de la "Terre boule de neige", selon lesquelles notre planète a été dans un lointain passé totalement gelée ou presque, sur de longues périodes ou par intermittence. Ces théories sont en phase avec les courbes d'évolution de l'activité stellaire bâties par les astrophysiciens, précise M. Bard. Selon ces modèles, il y a 4 milliards à 2 milliards d'années, le Soleil éclairait la Terre environ 10 % à 20 % moins qu'aujourd'hui."
Les océans se seraient donc refroidis au cours de longues périodes pourtant marquées par une augmentation globalement continue de l'activité solaire.
L'inertie thermique des mers est telle qu'il est impossible que l'atmosphère terrestre ait pu être tempérée ou froide avec des océans aussi brûlants. "Du coup, ajoute M. Bard, on peut imaginer que prévalait alors un effet de serre très puissant, avec d'importantes concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone ou de méthane." Et, en somme, que, dans sa prime jeunesse, la Terre ait ressemblé davantage à Vénus qu'à Mars.
"Ces résultats pourraient aussi nous éclairer sur l'absence de sédiments datés de 4,5 milliards à 3,5 milliards d'années, suggère François Robert, chercheur (CNRS) au Muséum national d'histoire naturelle et coauteur de ces travaux. Il est possible qu'au cours de cette période les températures aient été telles que toute l'eau disponible sur Terre l'ait été sous forme gazeuse." En l'absence d'eau liquide, les sédiments ne peuvent, en effet, se former.
26 octobre 2006
Le Soleil bientôt observé en 3D
a NASA, l'agence spatiale américaine, a lancé, mercredi soir 25 octobre, les sondes jumelles de la mission Stereo qui permettront de mieux comprendre les éruptions solaires, en obtenant des images sans précédent du Soleil en trois dimensions.
La fusée Delta II à trois étages s'est arrachée de son pas de tir sur la base militaire de Cap Canaveral en Floride à 20 h 52 (2 h 52, heure de Paris). Les deux satellites se sont séparés 25 minutes après le lancement pour se placer sur leur orbite respective. "Tout s'est déroulé sans problèmes", s'est félicité Omar Baez, le directeur de lancement.
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Au cours de leur mission, ces satellites vont pouvoir explorer l'origine, l'évolution et les conséquences interplanétaires de ces éjections de masse coronale (EMC), le plasma solaire projeté dans l'espace à la suite de puissantes explosions. Quand ces éruptions se produisent en direction de la Terre, elles sont à l'origine d'aurores australes et boréales spectaculaires et entraînent de sérieuses perturbations des systèmes de communications et de distribution électrique.
"NOUVEL ÂGE D'OBSERVATION SOLAIRE"
"Nous sommes à l'aube d'un nouvel âge d'observation solaire", a déclaré, mardi, Russ Howard, l'un des scientifiques de la mission, expliquant qu'il sera désormais possible d'observer ces éruptions depuis leur origine sur le Soleil jusqu'à leur impact sur l'environnement terrestre.
"Pour ce qui est des prévisions météorologiques solaires, nous sommes actuellement au niveau des prévisions du temps terrestre des années 1950", explique Michael Kaiser, le responsable scientifique de la mission Stereo. "Ils voyaient les cyclones seulement quand ils étaient juste au-dessus de leur tête et aujourd'hui nous voyons les tempêtes solaires quitter le Soleil, mais nous devons utiliser des modèles informatiques pour tenter de déterminer si et quand elles vont frapper la Terre."
Les cycles solaires durent onze ans et sont marqués par deux pics d'activité. Lors du précédent pic, en 2000, on a compté près de 2 000 EMC, dont une centaine en direction de la Terre. En période creuse comme actuellement, il y a moins de 200 éruptions par an.
Le coût total de la mission Stereo, fruit d'une coopération euro-américaine, est de 550 millions de dollars (437,2 millions d'euros). Les responsables prévoient d'obtenir les premières images solaires en 3D dès la mi-décembre.
25 octobre 2006
L'inquiétude des amoureux de Mars
ls forment le parti de Mars. Par amour de la Planète rouge, ces militants, réunis par le 6e congrès européen de la Mars Society, du vendredi 20 au dimanche 22 octobre, près de Paris, n'ont pas manqué d'images et de résultats scientifiques pour populariser leur cause. Jamais autant de sondes (trois américaines, une européenne) n'avaient scruté l'objet de leur passion aussi intensivement. La dernière arrivée, Mars Reconnaissance Orbiter (MRO), de la NASA, à peine installée sur son orbite de travail, vient de commencer à prendre des clichés d'une précision sans précédent.
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Ces nouvelles ne suffisent pourtant pas à dissiper l'inquiétude des adeptes de Mars. Fervents partisans des vols habités, ils n'auront touché leur rêve que lorsqu'un astronaute aura posé son empreinte dans la poussière rouge. Or George W. Bush a bien relancé la conquête spatiale américaine avec Mars comme objectif vers 2030, mais au prix d'un très long détour par la Lune.
Pour les membres de l'association, cette étape pourrait se transformer en piège. "Le passage par la Lune peut être utile, dit Richard Heidmann, président de Planète Mars, section française de la Mars Society, créée en 1998 aux Etats-Unis. A condition qu'on ne lui fixe pas des objectifs scientifiques et techniques qui soient irréalistes ou faux. Si le public réalise qu'on lui a raconté des sornettes après lui avoir annoncé, par exemple, la fabrication de médicaments miracles à bord de la Station spatiale internationale, il ne croira plus à l'exploration humaine. Et l'effort vers Mars ne pourra pas être financé."
Pour maintenir la flamme, le lobby de Mars s'appuie sur ses relais américains, comme Michael Griffin, l'actuel administrateur de la NASA, qui participa au comité de pilotage de l'association. Mais ces soutiens ne rassurent pas Robert Zubrin, le fondateur de la Mars Society, qui compte 7 000 membres : "La volonté est trop fragile et le calendrier trop incertain pour que le programme soit à l'abri du moindre changement à la Maison Blanche ou dans l'opinion. Surtout quand on pense qu'il ne s'est écoulé que huit ans entre la décision de Kennedy d'aller sur la Lune et le succès d'Apollo."
26 septembre 2006
"Vénus Express porte bien son nom"
Depuis
le 11 avril 2006, la sonde Vénus Express tourne autour de la planète,
pour nous livrer peu à peu ses secrets. A l'approche de ses tous
premiers résultats, Pierre Drossart, directeur de recherche au Lesia,
nous parle de cette mission à laquelle il collabore.
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| Pierre Drossart est directeur de recherche au Lesia (Laboratoire d'études spatiales et d'instrumentation en astrophysique de Meudon). |
Pourquoi explorer de nouveau Vénus ?
Pierre Drossart : Effectivement, Vénus
Express n'est pas la première mission à se rendre sur Vénus. Avant
elle, les Russes l'ont fait dans les années 60, avec les sondes Venera
et Vega, et nous ont offert les premières images de la planète. Puis
les Américains, avec les sondes Pioneer à partir de 1978, ont mesuré
son atmosphère.
Ensuite, en 1990, la sonde Magellan, a cartographié toute la planète.
On connaît donc ses reliefs et son volcanisme.
Enfin, deux survols ont suivi : la sonde Galileo en 1990, lors de son trajet vers Jupiter, et Cassini, en 2000.
Mais ces survols ont été courts et les physiciens frustrés !
Bref, ces quelques missions n'ont pas permis de tout comprendre sur la
planète ! Il reste beaucoup d'inconnues. D'où l'idée de la Vénus
Express.
Pourquoi ce nom de Vénus Express ?
Vénus Express porte bien son Nom. D'une part elle est construite sur la même structure que Mars Express.
D'autre part, la mission est véritablement express : le projet a été
monté en moins de 4 ans, c'est très court, un record pour l'ESA, et
c'est même plus rapide que pour la plupart des missions planétaires
menées par la Nasa.
Il se passe en général 6 ans entre la prise de décision de faire
le projet et le lancement. Dans le cas de Vénus Express, l'appel à
idées a été lancé en 2001, la sélection du projet s'est faite en 2002,
la réalisation n'a pris que 3 ans, et le lancement a eu lieu le 9
novembre 2005 !
L'exploit a été rendu possible grâce à la réutilisation de
nombreux instruments de "rechange" construits pour Mars Express ou
Rosetta. Par exemple Spicav (un spectromètre), ou Virtis (un
spectroimageur).
Concrètement, que va nous apporter cette mission sur la connaissance de Vénus ?
Vénus Express étudiera l'atmosphère de Vénus, de
0 à 250 km. La mission se concentrera particulièrement sur la basse
atmosphère, que l'on connaît mal : située sous une épaisse couche de
nuages, elle représente 50 km de haut. L'étude du rayonnement proche
infrarouge permettra de déterminer avec précision sa composition
chimique, et notamment de quantifier les éléments mineurs qui s'y
trouvent.
La sonde permettra également de voir les deux pôles puisqu'elle
est placée en orbite polaire. Ceci nous permettra de comprendre ce qui
s'y passe.
On souhaite également comprendre les interactions entre les vents
solaires et l'atmosphère, comparer ce qui se passe sur Mars, où
l'atmosphère est peu épaisse et Vénus où elle est épaisse.
Finalement, on va surtout approfondir et étudier de manière
quantitative des phénomènes déjà observés qualitativement. D'une
manière générale, les découvertes demanderont un temps de gestation
plus long que lorsqu'il s'agissait simplement de mesurer la temperature
au sol de Vénus ou de decouvrir sa composition generale !
Vous avez travaillé sur un des 7 instruments qui équipe la sonde, Virtis. Pouvez-vous nous en dire plus sur cet appareil ?
Virtis est un spectro-imageur. Cet appareil
permet donc deux choses : il décompose la lumière par longueur d'onde
et permet de connaître la composition chimique. De plus, il fournit
également des images, prises sous différentes longueurs d'onde. Depuis
la sonde Vénus Express, il étudiera la basse atmosphère de la planète,
de 0 à 100 kilomètres.
Virtis équipe également la sonde Rosetta :
normal, il était d'abord destiné à cette mission. Nous n'avons jamais
pensé l'envoyer sur Vénus quand nous l'avons conçu. Je dis "nous" parce
que Virtis est le résultat d'une coopération entre les agences
spatiales française, italienne et allemande.
Si Virtis équipe déjà la sonde Rosetta, quelles
ont été les modifications apportées pour la mission Venus Express ? A
quelles difficultés vous êtes vous heurté ?
Virtis a été prévu au départ pour une grande flexibilité. Mais
il reste néanmoins de grandes différences entre la mission Rosetta et
Vénus Express. La première concerne un objet sombre, la seconde un
objet proche du Soleil. Voilà pourquoi il a essentiellement fallu
trouver des moyens pour limiter l'échauffement.
En effet, pour travailler dans l'infrarouge sans être perturbé par
ses propres émissions, l'instrument doit être dans le froid, à -200 °C.
Le corps de l'appareil aussi doit rester froid. L'appareil qui équipe
Rosetta est à -140 °C. Pour Vénus express, on n'a pas pu descendre sous
-120 °C. C'est limite mais ça fonctionne.
Quels sont les premiers résultats ?
On commence seulement à travailler. Des annonces
sont et seront faites régulièrement mais on ne pourra pas faire
d'article de fond avant 6 mois. Cela dit, même si on n'a pas encore une
analyse approfondie, on sait déjà qu'on aura des résultats. Et on
commence.
Par exemple, grâce à des mesures de la composition en CO (monoxyde
de carbone) de l'atmosphère, on a pu constater qu'il existe une
corrélation entre la dynamique générale et les variations des
constituants de l'atmosphère.
On a aussi obtenu de magnifiques images du pôle Sud et de son
double vortex. Mais pour le moment, on n'en comprend pas les mécanismes.
Combien de temps devrait durer cette mission ?
La mission nominale est prévue pour durer 500
jours, soit jusqu'à octobre 2007. Si tout va bien, elle sera étendue de
500 jours de plus (2 jours vénusiens), soit 3 ans de fonctionnement en
tout.
Quel est votre prochain projet ?
Je travaille déjà sur 2 autres
missions, Mars express et Rosetta (en croisière pour le moment). L'ESA
lancera un appel de projet d'ici quelques mois : mon souhait serait
d'aller explorer Jupiter. Mais l'agence spatiale européenne fera une
sélection parmi tous les projets. On aura une réponse d'ici un an.
31 août 2006
L'explosion d'une supernova observée pour la première fois en direct
Une explosion lumineuse intense, appelée supernova, marque la fin de la vie de certaines étoiles. Les explosions de supernovae sont des phénomènes très rares – il y en a eu quatre au cours du dernier millénaire dans notre galaxie – et ont toujours été détectées après l'événement grâce à la localisation d'un éclat extraordinaire.
Une équipe
américano-britannique a pu l'observer pour la première fois en direct
dans notre galaxie. L'événement décrit dans la revue britannique Nature du
jeudi 31 août a commencé à se produire le 18 février 2006 dans une
galaxie située à quelque 440 millions d'années de lumière, vers la
constellation du Bélier. Les astronomes ont observé un rayonnement
gamma inhabituel, qui a duré près de quarante minutes, alors que la
durée d'un tel phénomène est généralement de l'ordre de quelques
millisecondes ou dixièmes de secondes.
"UNE BULLE DE GAZ DE DEUX MILLIONS DE DEGRÉS"
La période de rayonnement a été si longue que le satellite de la NASA, Swift, a pu focaliser tous ses instruments sur le phénomène, et les astronomes à Terre ont même réussi à observer l'explosion de l'étoile avec leurs télescopes. "Cette émission de rayonnement gamma a été le plus extraordinaire objet en évolution jamais enregistré par Swift", a estimé un des membres de l'équipe d'astronomes, Paul O'Brien, de l'université de Leicester (Grande-Bretagne) : "Un objet s'éclairant lentement, puis pâlissant."
Les observations, selon lui, font penser à "une giclée importante qui s'est répandue dans la région, mais qui était accompagnée d'une bulle de gaz incroyablement chaude – deux millions de degrés – et se mouvant plus lentement, produite par l'onde de choc de l'étoile en train d'exploser".
Pour le professeur Andrew Levan, de l'université du Hertfordshire (Grande-Bretagne), ces observations ont permis d'étudier "l'évolution d'une supernova à ses débuts" et de voir "comment les matériaux éjectés lors de l'explosion évoluent dans les jours et les semaines suivants". Cette supernova était une étoile massive d'une masse vingt fois supérieure à notre Soleil, selon les astronomes.
Le protocole de Kyoto






